Pêche et aquaculture (avril 2008)

La Réunion, seule région européenne de l’hémisphère sud, offre des opportunités de développement à fort  potentiel. Les ressources du Pacifique en poissons sont surexploitées, et celles de l’Océan Atlantique diminuent. La situation de l’Océan Indien est donc unique du fait de la faible exploitation de la ressource en espèces pélagiques. Les zones économiques françaises représentent une ressource halieutique considérable, notamment en grands pélagiques (thons, espadons, légines, langoustes…). Aujourd’hui, les produits de la mer sont devenus la deuxième recette d’exportation.

La ZEE réunionnaise s’étend sur 315 000 km². Le domaine maritime est très vaste, mais les ressources nesont pas assez exploitées. La Réunion est quasi absente sur les zones exploitées par d’autres pays. Sur ces zones, allant de Madagascar aux en passant par Mayotte et le Mozambique, l’île représente moins de 1% des captures dans l’Océan Indien ce qui correspond en volume  à 8265 tonnes sur un total de 9.4 millions de tonnes.


* Des atouts à valoriser


La pêche réunionnaise doit s’orienter vers des produits à forte valeur ajoutée afin de pouvoir se positionner sur les différents marchés. Second pôle d’exploitation après le sucre de canne, la pêche industrielle réunionnaise dans les terres australes et antarctiques françaises représente près de 28 millions d’euros de recettes annuelles et s’impose comme un maillon majeur de la structuration d’une véritable filière export. Au cours des dix dernières années, la filière pêche a connu une forte croissance qui s’est développée autour d’une politique de gestion et de  conservation des ressources biologiques de la mer, l’assurance et la qualité des produits. Ces entreprises emploient environ 200 personnes et génèrent un chiffre d’affaires de 38 millions d’euros. Leur production (8 000 tonnes en 2005) est pour une part écoulée sur le marché local (transformateur, grossiste, poissonnerie, GMS et collectivité) et pour une autre part destinée à l’exportation. La Réunion dispose d’importantes unités de transformation de poissons.


La pêche palangrière
Plus développée, elle cible davantage les grands pélagiques. Les principaux opérateurs sont SOPESUD, Technipêche, l’Armement Enez Du, Réunion Pélagique. La grande pêche industrielle est pratiquée par la Sapmer, les Armements Réunionnais, Armas Pêche, Comata, Cap Bourbon et Pêche Australe. Différentes actions sont menées en faveur du développement durable de la pêche, l’IFREMER et d’autres laboratoires de recherches collaborent afin d’optimiser la filière. La Région Réunion s’appuie également sur de nouvelles compétences conférées aux régions d’outre mer pour les richesses maritimes.


La petite pêche
Elle représentait fin 2006 l’activité la plus importante en terme de flottille et d’emplois : 334 marins actifs au rôle et 247 navires. Les prises de ce type de pêche sont destinées en quasi-totalité à l’approvisionnement du marché local. Le Conseil Général et la Direction des Affaires Maritimes s’emploient à structurer la filière afin de maîtriser et d’accroître la production et la commercialisation.


Une production restreinte
La production reste insuffisante pour satisfaire la demande et La Réunion continue d’importer des quantités importantes de poissons. En 2006, de nouveaux navires ont été armés pour la pêche palangrière, portant l’effectif total des bateaux pratiquant ce type de pêche à 34. Ils exercent leur activité soit dans une zone de moins de 32 km de La Réunion (30 %), soit dans la Zone économique exclusive (ZEE) de La Réunion (35 %) ou la ZEE de Madagascar (20 %). Après avoir diminué en 2002 et 2003, les prises de poissons ont retrouvé en 2006 leur niveau de l’an 2000 (près de 2 800 tonnes). 70% de la production est exportée, soit 3628 tones qui représentent 36,7 millions d’euros en 2006 d’après l’INSEE.


Les importations se sont stabilisées aux environs de 10 000 tonnes, pour une valeur de 47 millions d’euros. La consommation moyenne est de 19 kg par habitant/an. La grande distribution représente 60 % du marché domestique du poisson frais et surgelé. En
GMS, le poisson se vend majoritairement en prédécoupé frais, suivi du prédécoupé congelé, puis du frais entier. Ces dernières années, avec l’arrivée des produits asiatiques, l’explosion des ventes de prédécoupé congelé a eu des impacts sur le frais (diminution).


* Perspectives de développement

Le marché de La Réunion présente une opportunité intéressante avec une population de 800 000 habitants dotée d’un pouvoir d’achat proche de celui de la France métropolitaine. La pêche réunionnaise doit valoriser ses atouts et s’orienter vers des produits à forte valeur ajoutée afin de pouvoir se positionner sur les différents marchés. Les industries locales effectuent une première transformation avec les pêches réunionnaises, c’est-à- dire qu’elles exercent une activité de mareyeur : le poisson est nettoyé, trié, éviscéré,  étêté, fileté, pelé puis emballé à la demande de divers clients.


Quelques industries de transformation
Martin pêcheur et Réunion Pélagique. Elles peuvent aussi cumuler les activités de filetage, et la transformation dont les procédés techniques s’avèrent plus compliqués. Les techniques de transformation possibles sont diverses : la congélation, le séchage, salage, fumage (dit aussi saurissage), les conserves (produits appertisés), les produits traiteurs. La transformation du poisson sur l’île avec une forte valeur ajoutée est une solution à privilégier : produits à tartiner, steaks de poissons, snacks à emporter, brochettes assaisonnées...


La mission Poker 2006
Première à évaluer depuis 20 ans les stocks de poissons des Kerguelen, la mission Pokervient de livrer des résultats encourageants. La population de légines (l’or bleu) est évaluée à 78 millions d’individus. Al’heure où de nombreuses espèces sont menacées d’extinction
dans le monde, la filière pêche réunionnaise bénéficie d’une zone protégée de 540 000 km², abondante en poissons. La collaboration entre pêcheurs, scientifiques et autorités s’avère payante. Les sept navires autorisés à manoeuvrer autour des Kerguelen se partagent cette année un quota de 6 000 tonnes de légine pour un chiffre d’affaires de 50 millions d’euros. La Réunion se verra bientôt dotée d’un tout nouveau bassin pour la grande pêche. Un exemple de gestion raisonnée qui permet à la flotte réunionnaise, l’une des seules françaises à faire construire des navires d’envergure, d’anticiper sa ressource et la croissance de son chiffre d’affaires.


L’exemple de Réunion Pélagique
Créée en 2002 avec pour domaine la pêche palangrière et spécialité la découpe et l’export de poissons frais, l’entreprise emploie aujourd’hui 15 salariés et a réalisé un chiffre d’affaires de 3,6 millions d’euros (en croissance de 25% sur 2007). Elle souhaite offrir aux consommateurs la dégustation d’un produit frais de grande qualité tout en certifiant l’origine (via la traçabilité) et apportant une garantie de responsabilité sanitaire (n° d’agrément). C’est une structure intégrée, partenaire des armements de pêche. Elle couvre la totalité de la chaîne : du poisson sorti du navire, aux grossistes et jusqu’à une distribution au détail. Réunion Pélagique se positionne sur des marchés de haute qualité. La société mise sur l’excellence de ses produits pour détrôner l’espadon provenant du Chili et des Seychelles, ou le thon venu des Maldives, Yémen, Sri Lanka ou Seychelles.


* Dispositifs incitatifs

Les aides à l’exploitation
* Allègement de charges patronales jusqu’à 5 600 euros par an et par salarié.
* Prime à la création d’emploi pour les entreprises réalisant plus de 20% de leur CAà l’export à hauteur de 5 500 euros par an par emploi les trois premières années et 3 500 par an en moyenne sur 10 ans.
* Prise en charge du fret export vers la métropole à hauteur de 80% pour le transport maritime, 25% pour le transport aérien, avec un plafond de 152 000 euros par an et par entreprise.


Appui aux investissements des unités industrielles
* 30 % de l’assiette éligible ;
* 50 % si les conditions suivantes sontsimultanément remplies : incidence sur l’emploi (création de 10 emplois minimum) et potentiel à l’export directement généré
  par le programme (25 % du C.A. à l’export).
* Plafond : assiette éligible plafonnée à 3 millions d’euros.


Prime régionale à l’emploi
* 20 % de la rémunération brute soumise à cotisation de sécurité sociale versée durant 3 ans si CDI,
* 30 % de la rémunération brute soumise à cotisation de sécurité sociale versée durant 3 ans si CDI pour des profils spécifiques,
* 10 % de la rémunération brute soumise à cotisation de sécurité sociale versée pour les recrutements sous CDD de publics en difficulté.
* Plafond : 11 000 euros par emploi sur 3 ans dans la limite de 160 000 euros par entreprise et par an


Contacts : Vincent LAUNAY, Chargé de mission

L’Agence de Développement de La Réunion est mandatée par les acteurs économiques locaux pour identifier des activités niches non exploitées et accompagner les projets nouveaux d’entreprises et de filières. Elle travaille à l’attractivité du territoire réunionnais et favorise la synergie entre entrepreneurs locaux et extérieurs L’Agence de Développement vous accueille et vous accompagne dans toutes les étapes de votre implantation.
Contactez Vincent LAUNAY au 02 62 92 24 92 ou par mail v.launay@adreunion.com
Visitez notre site internet www.adreunion.com qui présente 500 pages d’informations économiques sur La Réunion et l’Océan Indien.

Avril 2008

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Peche (267 ko - 4 pages - Avril 2008)


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