Le contexte
● La production locale progresse fortement, mais à un rythme moindre que les importations (+5% contre +7% l’an), d’où une perte de marché relative. La production locale bénéficie d’une bonne image, mais qui ne se transforme pas spontanément en acte d’achat.
● Le poids de la grande distribution est prépondérant, sans véritable alternative. Les transformations rapides de la grande distribution entraînent les prix vers le bas (développement des importations et des marques de distributeur) et modifient le comportement du consommateur (affaiblissement des marques locales). En conséquence, les producteurs locaux doivent définir une stratégie de riposte, tant sur les niches qu’en volume.
● La commande publique joue un rôle clé. Avec quatre problématiques :
le réflexe achat local n’est pas installé (BTP, consultants…)
les délais de paiement des administrations sont encore trop importants
les entreprises locales n’ont pas toujours la capacité de répondre aux exigences des marchés publics
la puissance publique a parfois des difficultés à bien programmer et assurer la fluidité des marchés (d’où un manque de visibilité pour les entreprises)
● Certains dispositifs de soutien ont un impact direct sur les prix pratiqués, et permettent à des entreprises de rester compétitifs sur le marché domestique (TVA NPR, octroi de mer, défiscalisation, allègement de charges…). Ces dispositifs sont justifiés par des handicaps structurels générateurs de surcoûts (taille du marché, coûts d’approche...).
● L’offre locale doit être retravaillée :
Ce qui se produit localement (biens et services) est mal connu, malgré des efforts de communication
Certains produits bénéficient d’un réseau de distribution faible ou informel (artisanat, végétaux…).
Les entreprises se regroupent rarement pour répondre à des marchés ou appels d’offres. A des exceptions près (viande, lait…), certaines professions sont encore atomisées, donc fragilisées.
Difficulté de trouver des entrepreneurs dans certaines spécialités.
La productivité peut être accrue (gisements non exploités : supply chain…).
● Produire plus pour produire moins cher Augmenter les volumes de production permet d’être plus compétitifs sur le marché local. Paradoxalement, la reconquête du marché intérieur est donc liée à un meilleur déploiement régional. Pour mieux servir le marché intérieur, regarder par-delà ses frontières.
Objectifs
Deux échéances ont été retenues : court terme (fin du DOCUP actuel, élections) et moyen terme (fin DOCUP 2007-2013).
2006
● Définir une stratégie de reconquête du marché intérieur par filière et produits ● Mesurer la consommation de produits et services locaux. Développer la connaissance du marché intérieur par filière et par type d’acheteur. S’appuyer sur les études niches d’import-substitution (produits et services). ● Initier des démarches de regroupement dans certaines filières et/ou favoriser la spécialisation des producteurs. Spécialiser les organismes d’accompagnement aux entreprises.
● Différencier positivement les produits locaux de manière régulière et continuer à faire savoir ce que produit La Réunion : réalisation d’annuaires produits/services, lobbying... Etendre et imposer des labels de qualité (produits objectivement plus adaptés aux spécificités de l’environnement réunionnais, dans une démarche de développement durable) ● Poursuivre l’amélioration des gains de productivité, en doublant chaque année le nombre d’entreprises qui participe à l’action Supply Chain Management (optimisation des approvisionnements, gestion des stocks, et de la production) ● Inclure l’adéquation de la formation aux besoins des entreprises et le développement du savoir-vendre dans le Plan Régional de Développement des Formations ● Ecrire une stratégie de l’innovation (progrès technologiques)
2013
● Un taux de croissance de la production locale au moins équivalent à celui des importations ● Une part de marché moyenne de 50-60% de la production locale de biens et services sur les créneaux actuellement occupés ● Chaque catégorie de services marchands est représenté par une organisation professionnelle.
Axes-clés
1● Elaborer une stratégie par filière
Etude de définition de la stratégie de reconquête du marché intérieur Etudes sectorielles d’élaboration de plans d’actions par filière prioritaire Stratégie de l’innovation
Moyens :
Un pilote politique de la démarche globale
Financement des études de définition de stratégies
2● Communiquer
Plan de communication Petits-déjeuners et échanges d’expériences entre opérateurs
Moyens :
Campagne de communication de La Réunion économique
Echanges d’expériences et de pratiques
Chambres consulaires et ADIR : accompagnement collectif et aide à l’émergence de groupements d’entreprises en vue de mieux aborder les marchés locaux (dédier des ressources humaines compétentes)
3● Mettre en œuvre la stratégie
Définir un pilote opérationnel de la stratégie, chargé d’impulser, évaluer, suivre, mesurer, relancer, catalyser, adapter, pointer et essayer de résoudre les difficultés, rendre compte des actions menées par les opérateurs impliqués.
Moyens :
Un pilote, doté de moyens d’actions (3 chargés de mission)
Création d’un observatoire de la consommation de produits et services locaux (CCIR)
4● Stimuler la vitalité des entreprises
Investir chacune des niches pressenties. Développer des activités nouvelles liées aux évolutions mondiales (déchets, maintenance…). Favoriser le transfert de technologie. Continuer à améliorer l’environnement des affaires. Inciter les entrepreneurs et locaux à s’inspirer des bonnes idées extérieures (benchmarking). Diversifier les sources d’approvisionnement pour acheter moins cher.
Moyens :
Etudes d’import-substitution
Un pilote de la stratégie de l’innovation, et des moyens afférents
Rôle de tête chercheuse et de favoriser les partenariats technologiques (CPI, CRITT…)
Aide aux intrants
Politique de traitement et recyclage des déchets générés par les entreprises
Création et aménagement de nouvelles zones d’activité
Impact attendu
Une île productive.
Impact économique
Amélioration de la rentabilité des entreprises. Stimulation de l’activité. D’où un taux de croissance supérieur (création de richesses et d’emplois) Amélioration de l’attractivité du territoire. « Engouement économique ». Une activité de production intense stimule les filières amont et aval. Garant d’une économie équilibrée, avec du primaire qui fonctionne et du tertiaire qui se développe.
Impact social
Niveau de vie amélioré par une croissance économique forte. Garant de paix sociale. Sentiment de participer à un projet collectif (donne du sens). Fierté d’être Réunionnais. Davantage de confiance en soi. Ce qui est Réunionnais est valorisé.
Impact politique
Moins de tension sur le marché du travail, moins de pression sur les politiques.
Impact environnemental
Produits plus adaptés aux conditions locales et plus respectueux de l’environnement.