Une filière dynamique à fort potentiel

Synthèse du secteur agroalimentaire

L’agroalimentaire est le premier secteur productif de cette unique région européenne de l’hémisphère Sud. Autre caractéristique, l’héritage d’une forte tradition sucrière.

La Réunion, seule région européenne de l’hémisphère sud, bénéficie d’une stabilité politique, économique et réglementaire de premier ordre. Un environnement riche, qualifié "d’Europe tropicale" qui lui permet de développer et d’améliorer ses filières agricoles et agroalimentaires. Forte d’une expérience sucrière, l’île a naturellement développé le secteur agroalimentaire qui tient une place prépondérante dans l’industrie réunionnaise. Premier secteur productif, l’industrie agroalimentaire compte plus de 70entreprises industrielles avec un chiffre d’affaire supérieur à 740 millions d’euros.


* Un environnement idéal

Avec 800 000 habitants, La Réunion bénéficie d’un marché intérieur relativement important et dynamique qui se concrétise par une activité en forte croissance (+5% par an depuis 35 ans). Premier secteur industriel de l’île, l’agroalimentaire représente 69% des produits exportés et 51% du chiffre d’affaires global. Elle génère 40% de valeur ajoutée, emploie 37% de la main d’oeuvre et regroupe 23% des entreprises du secteur industriel. En moyenne, chaque entreprise compte près de 47 salariés, 11 millions d’euros de chiffre d’affaires et 2,5 millions d’euros de valeur ajoutée. La qualité de ses produits, l’image qu’ils véhiculent (exotisme, saveurs), ont conduit La Réunion à la conquête des marchés à l’export, un travail commencé depuis plus de deux siècles.
Les entreprises agroalimentaires réunionnaises respectent la réglementation européenne en matière alimentaire (hygiène, qualité, sécurité, traçabilité) et produisent dans le respect des normes HACCP. Une cinquantaine sont certifiées ISO 9000. 1200 entreprises artisanales transforment également des produits agroalimentaires.


* La filière agricole et élevage

Filière

Boeuf 
Lait
Porc
Volailles
Œufs
Lapins
Unité

Tonnes
1000 litres
Tonnes
Tonnes
Millions
Tonnes
Production

1 859
24 614
12 368
9 020
118
217
Importations

4 451
120 174
9 186
14 797
0
84
Taux de couverture

29,40%
17,00%
54,20%
37,90%
100,00%
72,00%
Source : Chambre d’Agriculture de la Réunion


Fruits cultivés Production
Bananes
Ananas
Agrumes  
Litchis
Mangues
6720 t
9440 t
6125 t
7440 t
3675 t
Ensemble légumes 44000 t
Source : Fédération Régionale des Coopératives Agricoles


Le nombre d’agriculteurs regroupés par la filière fruits tropicaux est de 2500 à 3000. Les importations de fruits s’élèvent à 12 000 tonnes par an (agrumes, pommes, poires, raisin de table, bananes). Pour les légumes, il s’agit de 13 145 tonnes de produits sont importés (oignons, carottes, navets, ail, pommes de terre, tomates).


* La grande distribution

On recense :
  • 127 grandes surfaces spécialisées > à 300 m² (hors vente d’automobiles) : équipement du foyer, de la personne, culture et loisirs, services, hygiène et santé.
  • 36 hyper et supermarchés
  • 4 supérettes > à 300 m²
  • 165 spécialistes alimentaires (dont les snacks),
  • 1 081 petits commerces spécialisés
  • 309 activités de services (dont l’automobile et les restaurants)

Actuellement trois groupes détiennent 78% du marché des GMS alimentaires :
  • Le groupe Vindémia, filiale de CASINO avec environ 36% de part de marché
  • Le groupe Sodexpro-Soredeco avec environ 24%
  • Le groupe Système U et CADRE 2000 avec 18% de part de marché.

Les 22% restant se répartissent entre les groupes Crack, Leader Price, Casino et Skal. Du fait de la richesse du tissu industriel agroalimentaire local, les entreprises extérieures voulant s’implanter peuvent envisager un investissement direct (exemple : Heineken, Ducros, …), ou un partenariat industriel avec un opérateur local, sous forme de concession de licence de fabrication (Réa, Danone, Fischer, …).

Valoriser les resources locales ou régionales :
L’existence de matières premières agroalimentaires locales et/ou régionales (arômes, fruits et légumes tropicaux provenant de La Réunion, d’Afrique du Sud, de Madagascar), permet à des entreprises extérieures d’envisager l’implantation

Exemple :
Cap Bourbon est une joint-venture entre un opérateur local SOPESUD (pêche) et les Armements Le Garrec pour l’exploitation et la transformation de la légine (poisson de fond des mers australes). La totalité de la production est destinée à l’exportation.

Depuis le 18 Décembre 2006, les produits agroalimentaires réunionnais peuvent porter la mention "Produits Pays Réunion", grâce à un arrêté ministériel. Cette mention est un gage que le producteur respecte les normes en terme de goût, d’authenticité, de fraîcheur, et de qualité des matières premières. Les produits pays Réunion répondent à des normes précises : "Etre issus d’animaux nés, élevés et transformés à la Réunion ou de végétaux plantés, cultivés sur l’île. En permettant la traçabilité des aliments,  elle est valorisante pour les producteurs et très importante pour le développement agricole.

La FRCAa particulièrement défendu cette " labellisation pays " et a présenté une quinzaine de structures exerçant sous la forme de coopérative à la commission. Des œufs, du bœuf, de l’ombrine, des fruits et légumes, le miel ou encore des jus de fruits frais se retrouvent dotés du nouveau logo ; d’autresproduits devraient à leur tour s’enorgueillir de l’appellation.


* Stratégie d’entreprise

Pénétrer de nouveaux marchés :
Le marché de La Réunion peut représenter une opportunité intéressante : 800 000 habitants (1 million en 2025) dotés d’un pouvoir d’achat proche de celui de la France métropolitaine et de modes de consommation très voisins. Par ailleurs, l’Afrique Australe et l’Océan Indien offrent un marché de 380 millions de personnes. La grande distribution

Exemple (marché Réunion) :
Lactalis Président s’est associé à un fabricant local de jus de fruits pour produire du lait UHTsous licence (3.8 millions d’euros investis et 13 emplois créés).

Exemple (marché Océan Indien) :
Les groupes Union réunionnaise de coopération agricole (Urcoopa) et Unima, premier producteur de crevettes à Madagascar, se sont associés pour mettre sur pied Nutrima, usine d’aliments pour l’aquaculture des crevettes et poissons. La réalisation du site a nécessité 7 millions d’euros d’investissement et permis la création de 30 emplois.


* Formation et recherche

Le secteur dispose d’une filière de formation complète allant du CAP à l’école d’ingénieurs. L’importance du secteur agroalimentaire à La Réunion a naturellement impulsé le développement de formations de tous niveaux au sein de la zone Océan Indien.

  • Bac Pro spécialisé en bio-industrie de transformation
  • BTS technico-commercial spécialisé filière AA
  • IUPbio-technologies spécialité AA
  • MST(Maîtrise de Sciences et Techniques), mention valorisation chimique et biologique du végétal
  • IUT département de Génie biologique, option industries alimentaires
  • DESS ingénierie de la production AA

Pour compléter ce panel de formation, l’Université de La Réunion, l’ENSBANA(l’Ecole Nationale Supérieure de Biologie Appliquée à la Nutrition et à l’Alimentation de Dijon) et la CCIR (Chambre des Commerces de l’Industrie de La Réunion) se sont associés pour créer l’Ecole Supérieure d’Ingénieurs en Développement Agroalimentaire Intégré (ESIDAI). Cette école privilégie une formation polyvalente, gage d’adaptation aux besoins diversifiés des pays environnants de La Réunion.

Plusieurs laboratoires et centres techniques développent des activités de recherche correspondant aux besoins des entreprises de la zone Océan Indien :

  • CRITT : Centre de Régional d’Innovation et de Transfert de Technologie agroalimentaire et qualité, sécurité et environnement
  • CERF : Centre d’Essai de Recherche et de Formation, laboratoire d’agronomie pour le développement de la filière sucrière
  • CTIS : Centre technique Interprofessionnel de la Canne à sucre
  • CIRAD Réunion : Centre de coopération Internationale en Recherche Agronomique pour le développement
  • IRD : Institut de Recherche pour le développement
  • l’ARVAM : Agence pour la Recherche et la Valorisation Marine, gestion et surveillance des risques liées aux biotoxines marines telles que la cigüatera, sécurité alimentaire...
  • LBGM : Laboratoire de Biochimie et Génétique Moléculaire à l’Université de La Réunion (amélioration de conservation, biomédical)
  • LCSNSA : Laboratoire de chimie des Substances Naturelles et des Sciences des Aliments à l’Université de La Réunion (huiles essentielles, végétales et plantes
    médicinales)
  • LBPVGME : Laboratoire de Biologie et Physiologie Végétales, Génétique Moléculaire et Evolutive à l’Université de La Réunion

L’île de La Réunion se positionne pour l’accueil de projets agroalimentaires capitalistiques. Les industriels concernés trouvent des conditions  d’investissement et d’exploitation séduisants de par un ensemble de mesures incitatives.


* Dispositifs incitatifs

Les aides à l’investissement

  • 45 à 55%de l’investissement productif
  • Principe de la TVA non versée récupérable : 8,5% sur certains équipements productifs correspondant
  • Financement par montage en défiscalisation (forme de leasing équivalant à 30% de subvention nette)

Les aides à l’exploitation
  • Allègement de charges patronales jusqu’à 5 600 par an et par salarié.
  • Prime à la création d’emploi pour les entreprises réalisant plus de 20% de leur CAà l’export à hauteur de 5 500 par an par emploi les trois premières années et 3 500 par an en moyenne sur 10 ans.
  • Prise en charge du fret export vers la métropole à hauteur de 80% pour le transport maritime, 25% pour le transport aérien, avec un plafond de 152 000 euros par an et par entreprise.
  • Exonération d’impôt sur les sociétés pendant 10 ans pour les bénéfices réinvestis.

Appui aux investissements des unités industrielles
  • 30 % de l’assiette éligible.
  • 50 % si les conditions suivantes sont simultanément remplies : incidence sur l’emploi (création de 10 emplois minimum) et potentiel à l’export directement généré par le programme (25 % du C.A. à l’export).
  • Plafond : Assiette éligible plafonnée à 3 millions d’euros.

Prime régionale à l’emploi
  • 20 % de la rémunération brute soumise à cotisation de sécurité sociale versée durant 3 ans si CDI.
  • 30 % de la rémunération brute soumise à cotisation de sécurité sociale versée durant 3 ans sous certaines conditions.
  • 10 % de la rémunération brute soumise à cotisation de sécurité sociale versée pour les recrutements sous CDD de publics en difficulté.
  • Plafond : 11 000 euros par emploi sur 3 ans dans la limite de 160 000 euros par entreprise et par an.
 

Contact : Vincent LAUNAY, Chargé de mission

L’Agence de Développement de La Réunion est mandatée par les acteurs économiques locaux pour identifier des activités niches non exploitées et accompagner les projets nouveaux d’entreprises et de filières. Elle travaille à l’attractivité du territoire réunionnais et favorise la synergie entre entrepreneurs locaux et extérieurs. L’Agence de Développement vous accueille et vous accompagne dans toutes les étapes de votre implantation.
Contactez Vincent LAUNAY au 02 62 92 24 92 ou par mail v.launay@adreunion.com
Visitez notre site internet www.adreunion.com qui présente 500 pages d’informations économiques sur La Réunion et l’Océan Indien.
Avril 2008


Mot(s) clé(s) : Agroalimentaire - Export - Pêche - Recherche & Développement - Compétences -



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