La
Réunion, seule région européenne de
l’océan Indien est une île moderne et
volontaire en matière de protection de
l’environnement. Le renforcement des lois environnementales
européennes, la croissance rapide de la population (1,8% par
an) et de l’économie réunionnaise (5% par an
depuis 35 ans) ont favorisé le développement du
marché de l’environnement. Ce secteur en plein
essor compte aujourd’hui plus d’une
centaine d’entreprises et 3 500 emplois(dont près de 2 000
dans le secteur privé).
Un contexte
favorable
L’une des assemblées régionales du
Grenelle de l’environnement s’est tenue sur l’île en octobre
2007. Outre sa candidature au patrimoine mondial de l’Unesco, la
Réunion s’accorde sur un projet de développement :
“la Réunion, île verte”,
visant à faire de la Réunion un site pilote,
territoire d’expérimentation et d’innovation. Appelant les
entreprises à entrer dans une démarche de
responsabilité sociale et environnementale, ce projet met le
développement durable au coeur de chaque initiative. Compte
tenu de son isolement géographique par rapport à
l’Europe (coûts d’export prohibitifs) et de
l’étroitesse de son territoire (faibles volumes), la
Réunion ne peut s’appuyer sur les solutions
utilisées en Europe comme le font les autres
régions françaises. Elle a su tirer profit de ce
contexte pour développer des solutions adaptées
à la protection de l’environnement en milieu tropical et
insulaire.
Un
tissu économique en croissance
L’île compte plus de 80 entreprises
spécialisées dans la gestion des
déchets, une dizaine entreprises de traitement et
d’épuration de l’eau ainsi qu’une vingtaine de
prestataires de services en environnement (bureaux d’études,
conseil,…). Celles-ci peuvent s’appuyer sur des
infrastructures de qualité : 22 déchetteries, 3
centres de tri, 2 Centres d’Enfouissement Technique (CET), 15 stations
d’épuration (STEP), et 5 unités de valorisation
organique. Les exploitants investissent 2 à 10 millions
d’euros chaque annéepour la protection de l’environnement
(réduction des pollutions dont mesures de
réduction à la source, réduction des
risques, protection de la biodiversité, cadre de vie dans
l’entreprise (hygiène, sécurité,
environnement), conformité
réglementaire,…). Les pouvoirs publics
contribuent, avec plus de 45 M d’euros par an,à la
gestion des déchets des ménages, des entreprises
et la maîtrise de l’énergie.
Les 5 Communautés de Communes ont toutes
contractualisé avec Eco Emballages et lancé des
campagnes de sensibilisation et d’information. L’important
développement démographique et
économique de l’île,
accompagné d’une consommation galopante,
entraîne une augmentation rapide du volume des
déchets. Chaque année : +8% pour les pneus, +2%
pour les huiles alimentaires, +10% pour les batteries, +5% pour les
déchets banals des industries.
Gestion
et valorisation des déchets
Plus de 80 entreprises travaillent dans ce secteur. Elles
représentent près de 1 200 emplois. Deux grands
groupes internationaux sont présents sur le
marché de la collecte des déchets. De
nombreuses PME et TPE se partagent celui de la valorisation. Les
filières existantes sont nombreuses : bois,
métal, papier- carton, plastique, pneu, déchets
médicaux, VHU, cartouche d’encre...
Des exemples :
GROSSES FERRAILLES
& VHU : 42 600 t/ an
CUB, CDAA, Générall Autos sont
spécialisées dans la déconstruction
automobile. Les entreprises CRMM et Métal Réunion
compactent les déchets métalliques et les
exportent vers des fonderies en Inde.
BOIS & PALETTES
L’entreprise Copobois fabrique de la litière animale
à partir des déchets de la scierie. La
société Métal Réunion broie
les pallettes irréparables pour une utilisation en espaces
verts.
PLASTIQUES : 28 000 t/an
L’entreprise CYCLEApossède une ligne de recyclage pour les
Polyéthylènes basse densité (PEBD) et
haute densité (PEHD). Une partie des granulats est
utilisée localement pour la fabrication de composteurs
individuels par exemple. Le Polychlorure de Vinyle (PVC),
Polypropylène (PP) et le Polyéthylène
Téraphtalate (PET) sont lavés
dépollués et broyés avant
d’être exportés vers des pays de
l’océan Indien.
HUILES MINERALES USAGEES
: 1700 t/an
La Centrale Thermique de Bois Rouge (CTBR) traite ces huiles par
incinération avec valorisation
énergétique.
DECHETS D’ACTIVITES DE
SOINS : 1090 t/an
SMD-CDI et TDR collectent ces déchets qui sont
traités par Point Net et Ecolys.
PNEUS USAGES : 4175 t/an
SOLYVALutilise les pneus usagés pour produire de la
poudrette et des chips de caoutchouc.
DECHETS ELECTRIQUES ET
ELECTRONIQUES : 16 000 t/an
RVE est spécialisée dans la collecte,
déconstruction et valorisation des Déchets
d’Equipements Electriques et Electroniques (D3E).
Opportunités
d’affaires
* De nombreuses opportunités existent pour renforcer les
filières existantes (plastique, papier-carton) ou
développer les filières inoccupées
(huiles alimentaires usagées...).
* Au même titre que les autres régions
françaises et européennes, La Réunion
est soumise à la Convention de Bâle et au
règlement communautaire n°259/93 du 1/02/1993 pour
le transfert des déchets à
l’entrée et à la sortie de
l’UE. La Réunion étant la seule
région européenne de l’Océan Indien,
les déchets dangereux non valorisés localement
sont exportés vers l’UE, ce qui est très
coûteux. Lorsque c’est économiquement viable, la
création de filières de valorisation locales est
fortement encouragée.
Des entreprises
réunionnaises sont ouvertes à des partenariats
avec des sociétés extérieures
possédant des technologies innovantes.
Principaux interlocuteurs
* L’ADEME a pour mission la mise en œuvre des politiques
Energie et Environnement et la mise en œuvre d’une meilleure
gestion de déchets.
Contact : Roselyne DUVAL (roselyne.duval@ademe.fr)
* Le Conseil Régional participe financièrement
aux investissements des entreprises s’inscrivant dans les objectifs du
PREDIS/PREDAMA.
Contact : Annie AUFAURE (annie.aufaure@cr-reunion.fr)
* Le Conseil Général s’occupe essentiellement des
déchets ménagers. Il a un rôle de
coordination et est co-financeur pour les collectivités.
Contact : Henri PAYET (henri.payet@cg974.fr)
* La DIREN instruit les demandes de financements européens
qui sont affectés à la mise en œuvre du
PREDIS/PREDAMA.
Gestion
de l’eau
Ce secteur repose sur 8 entreprises et plus de 500 emplois.
Exploitation de la
ressource
La Réunion dispose d’une capacité en eau de 7,5
milliards de m3 d’eau par an. La consommation en eau potable est la
plus élevée de France (250 litres par an par
habitant) et son prix est aujourd’hui le plus bas de France
(1.32 HT/m3 contre 2.82 en métropole). Deux entreprises
privées gèrent les services de l’eau de 22 des 24
communes et une SEM fournit l’eau destinée à
l’agriculture.
Sur les 203 prises d’eau recensées sur
l’île, les 2/3 sont des captages. Par
conséquent, 51% des abonnés sont
alimentés par des eaux superficielles. Les 11 usines de
potabilisation en activité alimentent 24,5% des
abonnés. La qualité de l’eau est globalement
bonne mais, lors des fortes précipitations, si l’eau
provient des ravines, elle devient souvent turbide. Pour y
remédier, le Conseil Général a
lancé en 1986 un programme de recherche en eau souterraine
(de meilleure qualité) qui a permis la
réalisation de 50 forages et 34
piézomètres.
Assainissement
En raison du relief montagneux, le réseau d’assainissement
collectif est peu développé à La
Réunion (40% de la population). Les eaux usées
collectées sont traitées dans l’une des 15
stations d’épuration de l’île. La
majorité d’entre elles sont aujourd’hui
saturées et de nombreuses communes font émerger
des projets. De leur côté, les
industriels sont encouragés à se doter de
stations de traitement spécifiques. Les 2/3 de la population
disposent de fosses septiques individuelles(fabrication locale) et font
appel à des prestataires pour les vidanger.
Opportunités
d’affaires
Les investissements nécessaires pour améliorer la
gestion de l’eau sur l’île avoisinent le
milliard d‘euros. Le renforcement de la
réglementation sur la mise en décharge des boues
de stations d’épuration impose de s’orienter vers
des filières de valorisation. Al’heure actuelle,
seule une petite partie des boues produites est
mélangée à des déchets
verts pour fabriquer du compost. La forte consommation d’eau des
ménages réunionnais rend opportun un
développement des techniques d’économie d’eau.
Sols
et risques
3 entreprises privées locales se partagent les
activités liées au sol. Il s’agit de bureaux
d’études spécialisés en risques et
d’entreprises réalisant des travaux de
dépollution. Cette proportion est en rapport avec
l’étroitesse du marché de la
réhabilitation de sites. 15 entreprises
développent leur activité dans la "protection
incendie", encouragées par les obligations
réglementaires des établissements qui
reçoivent du public (ERP).
Conseil
et ingénierie environnementale
La Réunion compte actuellement une vingtaine d’entreprises
dans ce secteur qui emploie près de 580 personnes. Plusieurs
bureaux d’études nationaux reconnus pour leur expertise dans
les domaines de l’environnement (eau, déchets, riques
naturels, dépollution de site) se sont implantés
sur l’île.
Il existe également des entreprises de conseil en
environnement, aménagement du territoire,
développement durable, protection des espaces naturels
sensibles, qualité/sécurité.
Opportunités
d’affaires
Exporter son expertise en ingénierie
environnementale. Les entreprises réunionnaises ont
développé une solide expertise en milieu tropical
et insulaire, dont elles peuvent faire bénéficier
les îles de l’Océan Indien et les pays tropicaux,
notamment dans la gestion des déchets en milieu insulaire et
laprotection
du littoral.
Formation
et recherche
* Une main d’oeuvre bien formée grâce à
des formations spécialisées :
Master et Licence
Génie Urbain et Environnement
(Université de la Réunion)
BTS Gestion et
Maîtrise de l’eau (Lycée
Emile Boyer de la Giroday - Saint-Paul)
CAP Gestion des
Déchets mis en place par la SEMRRE (SEM
Réunion Recyclage Environnement) et dont 80
réunionnais sont actuellement diplômés.
* Des organismes et laboratoires contribuent au renforcement des
compétences loclaes :
L’Office de
l’eau a pour mission
l’étude des ressources en eau des milieux
aquatiques et littoraux ainsi que leurs usages.
Le laboratoire des
sciences de la Terre de l’Université de La
Réunion (LSTUR) a pour axes de recherche la
volcanologie et l’hydrogéologie.
Le BRGM
travaille notamment dans les domaines de l’hydrogéologie,
les risques naturels, les milieux
contaminés/déchets.
Dispositifs
incitatifs
*
Mesure spécifique à la gestion des
déchets :
Financement d’équipement spécifique et non
roulant : exportation ou stabilisation (30%), traitement local (55%),
valorisation (65%), réduction à la source (75%)
*
Les aides à l’investissement productif :
Principe de la TVAnon versée
récupérable : 8,5% sur certains
équipements productifs. Financement par montage en
défiscalisation (forme de leasing équivalant
à 30% de subvention nette).
*
Les aides à l’exploitation :
- Allègement des charges
patronales jusqu’à 5 600 euros par an et par
salarié ;
- Prime à la
création d’emploi pour les entreprises exportant plus de 20%
de leur CA : 5 500 euros par an par emploi les trois
premières années, et 3 500
euros par
emploi par an en moyenne sur 10 ans ;
- Prise en charge du fret export vers la
métropole à la hauteur de 80%, avec un plafond de
15% de la valeur marchande des produits exportés.
Contact : Taïna TROCHON, chargée de mission
L’Agence de Développement de la Réunion est
mandatée par les acteurs économiques locaux pour
identifier des activités niches non exploitées et
accompagner les projets nouveaux d’entreprises et de
filières. Elle travaille à
l’attractivité du territoire réunionnais et
favorise la synergie entre entrepreneurs locaux et
extérieurs. L’Agence de Développement vous
accueille et vous accompagne dans toutes les étapes de votre
implantation.
Contactez Taïna
TROCHON au 02
62 92 24 92 ou par mail t.trochon@adreunion.com
Visitez notre site internet www.adreunion.com
qui présente 500 pages d’informations économiques
sur La Réunion et l’Océan Indien.
L’annuaire des compétences
réunionnaises en environnement est disponible sur ce site.
Avril 2008

- Environnement (362 Ko - 4 pages - Avril 2008)