L’environnement (avril 2008)

La Réunion, seule région européenne de l’océan Indien est une île moderne et volontaire en matière de protection de l’environnement. Le renforcement des lois environnementales européennes, la croissance rapide de la population (1,8% par an) et de l’économie réunionnaise (5% par an depuis 35 ans) ont favorisé le développement du marché de l’environnement. Ce secteur en plein essor compte aujourd’hui plus d’une centaine d’entreprises et 3 500 emplois(dont près de 2 000 dans le secteur privé).


Un contexte favorable

L’une des assemblées régionales du Grenelle de l’environnement s’est tenue sur l’île en octobre 2007. Outre sa candidature au patrimoine mondial de l’Unesco, la Réunion s’accorde sur un projet de développement : “la Réunion, île verte”, visant à faire de la Réunion un site pilote, territoire d’expérimentation et d’innovation. Appelant les entreprises à entrer dans une démarche de responsabilité sociale et environnementale, ce projet met le développement durable au coeur de chaque initiative. Compte tenu de son isolement géographique par rapport à l’Europe (coûts d’export prohibitifs) et de l’étroitesse de son territoire (faibles volumes), la Réunion ne peut s’appuyer sur les solutions utilisées en Europe comme le font les autres régions françaises. Elle a su tirer profit de ce contexte pour développer des solutions adaptées à la protection de l’environnement en milieu tropical et insulaire.


Un tissu économique en croissance

L’île compte plus de 80 entreprises spécialisées dans la gestion des déchets, une dizaine entreprises de traitement et d’épuration de l’eau ainsi qu’une vingtaine de prestataires de services en environnement (bureaux d’études, conseil,…). Celles-ci peuvent s’appuyer sur des infrastructures de qualité : 22 déchetteries, 3 centres de tri, 2 Centres d’Enfouissement Technique (CET), 15 stations d’épuration (STEP), et 5 unités de valorisation organique. Les exploitants investissent 2 à 10 millions d’euros chaque annéepour la protection de l’environnement (réduction des pollutions dont mesures de réduction à la source, réduction des risques, protection de la biodiversité, cadre de vie dans l’entreprise (hygiène, sécurité, environnement), conformité réglementaire,…). Les pouvoirs publics contribuent, avec plus de 45 M d’euros par an,à la gestion des déchets des ménages, des entreprises et la maîtrise de l’énergie.

 
Les 5 Communautés de Communes ont toutes contractualisé avec Eco Emballages et lancé des campagnes de sensibilisation et d’information. L’important développement démographique et économique de l’île, accompagné d’une consommation galopante, entraîne une augmentation rapide du volume des déchets. Chaque année : +8% pour les pneus, +2% pour les huiles alimentaires, +10% pour les batteries, +5% pour les déchets banals des industries.


Gestion et valorisation des déchets

Plus de 80 entreprises travaillent dans ce secteur. Elles représentent près de 1 200 emplois. Deux grands groupes internationaux sont présents sur le marché de la collecte des déchets. De  nombreuses PME et TPE se partagent celui de la valorisation. Les filières existantes sont nombreuses : bois, métal, papier- carton, plastique, pneu, déchets médicaux, VHU, cartouche d’encre...

Des exemples :

GROSSES FERRAILLES & VHU : 42 600 t/ an
CUB, CDAA, Générall Autos sont spécialisées dans la déconstruction automobile. Les entreprises CRMM et Métal Réunion compactent les déchets métalliques et les exportent vers des fonderies en Inde.

BOIS & PALETTES
L’entreprise Copobois fabrique de la litière animale à partir des déchets de la scierie. La société Métal Réunion broie les pallettes irréparables pour une utilisation en espaces verts.

PLASTIQUES : 28 000 t/an
L’entreprise CYCLEApossède une ligne de recyclage pour les Polyéthylènes basse densité (PEBD) et haute densité (PEHD). Une partie des granulats est utilisée localement pour la fabrication de composteurs individuels par exemple. Le Polychlorure de Vinyle (PVC), Polypropylène (PP) et le Polyéthylène Téraphtalate (PET) sont lavés dépollués et broyés avant d’être exportés vers des pays de l’océan Indien.

HUILES MINERALES USAGEES  : 1700 t/an
La Centrale Thermique de Bois Rouge (CTBR) traite ces huiles par incinération avec valorisation énergétique.

DECHETS D’ACTIVITES DE SOINS : 1090 t/an
SMD-CDI et TDR collectent ces déchets qui sont traités par Point Net et Ecolys.

PNEUS USAGES : 4175 t/an
SOLYVALutilise les pneus usagés pour produire de la poudrette et des chips de caoutchouc.

DECHETS ELECTRIQUES ET ELECTRONIQUES : 16 000 t/an
RVE est spécialisée dans la collecte, déconstruction et valorisation des Déchets d’Equipements Electriques et Electroniques (D3E).


Opportunités d’affaires

* De nombreuses opportunités existent pour renforcer les filières existantes (plastique, papier-carton) ou développer les filières inoccupées (huiles alimentaires usagées...).

* Au même titre que les autres régions françaises et européennes, La Réunion est soumise à la Convention de Bâle et au règlement communautaire n°259/93 du 1/02/1993 pour le transfert des déchets à l’entrée et à la sortie de l’UE. La Réunion étant la seule région européenne de l’Océan Indien, les déchets dangereux non valorisés localement sont exportés vers l’UE, ce qui est très coûteux. Lorsque c’est économiquement viable, la création de filières de valorisation locales est fortement encouragée.

Des entreprises réunionnaises sont ouvertes à des partenariats avec des sociétés extérieures possédant des technologies innovantes.

Principaux interlocuteurs
* L’ADEME a pour mission la mise en œuvre des politiques Energie et Environnement et la mise en œuvre d’une meilleure gestion de déchets.
Contact : Roselyne DUVAL (roselyne.duval@ademe.fr)

* Le Conseil Régional participe financièrement aux investissements des entreprises s’inscrivant dans les objectifs du PREDIS/PREDAMA.
Contact : Annie AUFAURE (annie.aufaure@cr-reunion.fr)


* Le Conseil Général s’occupe essentiellement des déchets ménagers. Il a un rôle de coordination et est co-financeur pour les collectivités.
Contact : Henri PAYET (henri.payet@cg974.fr)

* La DIREN instruit les demandes de financements européens qui sont affectés à la mise en œuvre du PREDIS/PREDAMA.
 
 
Gestion de l’eau

Ce secteur repose sur 8 entreprises et plus de 500 emplois.

Exploitation de la ressource

La Réunion dispose d’une capacité en eau de 7,5 milliards de m3 d’eau par an. La consommation en eau potable est la plus élevée de France (250 litres par an par habitant) et son prix est aujourd’hui le plus bas de France (1.32 HT/m3 contre 2.82 en métropole). Deux entreprises privées gèrent les services de l’eau de 22 des 24 communes et une SEM fournit l’eau destinée à l’agriculture.

Sur les 203 prises d’eau recensées sur l’île, les 2/3 sont des captages. Par conséquent, 51% des abonnés sont alimentés par des eaux superficielles. Les 11 usines de potabilisation en activité alimentent 24,5% des abonnés. La qualité de l’eau est globalement bonne mais, lors des fortes précipitations, si l’eau provient des ravines, elle devient souvent turbide. Pour y remédier, le Conseil Général a lancé en 1986 un programme de recherche en eau souterraine (de meilleure qualité) qui a permis la réalisation de 50 forages et 34 piézomètres.

Assainissement

En raison du relief montagneux, le réseau d’assainissement collectif est peu développé à La Réunion (40% de la population). Les eaux usées collectées sont traitées dans l’une des 15 stations d’épuration de l’île. La majorité d’entre elles sont aujourd’hui saturées et de nombreuses communes font émerger des projets. De leur côté, les industriels sont encouragés à se doter de stations de traitement spécifiques. Les 2/3 de la population disposent de fosses septiques individuelles(fabrication locale) et font appel à des prestataires pour les vidanger.

Opportunités d’affaires

Les investissements nécessaires pour améliorer la gestion de l’eau sur l’île avoisinent le milliard d‘euros. Le renforcement de la réglementation sur la mise en décharge des boues de stations d’épuration impose de s’orienter vers des filières de valorisation. Al’heure actuelle, seule une petite partie des boues produites est mélangée à des déchets verts pour fabriquer du compost. La forte consommation d’eau des ménages réunionnais rend opportun un développement des techniques d’économie d’eau.


Sols et risques

3 entreprises privées locales se partagent les activités liées au sol. Il s’agit de bureaux d’études spécialisés en risques et d’entreprises réalisant des travaux de dépollution. Cette proportion est en rapport avec l’étroitesse du marché de la réhabilitation de sites. 15 entreprises développent leur activité dans la "protection incendie", encouragées par les obligations réglementaires des établissements qui reçoivent du public (ERP).


Conseil et ingénierie environnementale

La Réunion compte actuellement une vingtaine d’entreprises dans ce secteur qui emploie près de 580 personnes. Plusieurs bureaux d’études nationaux reconnus pour leur expertise dans les domaines de l’environnement (eau, déchets, riques naturels, dépollution de site) se sont implantés sur l’île.

Il existe également des entreprises de conseil en environnement, aménagement du territoire, développement durable, protection des espaces naturels sensibles, qualité/sécurité.

Opportunités d’affaires

Exporter son expertise en ingénierie environnementale. Les entreprises réunionnaises ont développé une solide expertise en milieu tropical et insulaire, dont elles peuvent faire bénéficier les îles de l’Océan Indien et les pays tropicaux, notamment dans la gestion des déchets en milieu insulaire et laprotection
du littoral.

 
Formation et recherche
 
* Une main d’oeuvre bien formée grâce à des formations spécialisées :

Master et Licence Génie Urbain et Environnement (Université de la Réunion)
BTS Gestion et Maîtrise de l’eau (Lycée Emile Boyer de la Giroday - Saint-Paul)
CAP Gestion des Déchets mis en place par la SEMRRE (SEM Réunion Recyclage Environnement) et dont 80 réunionnais sont actuellement diplômés.

* Des organismes et laboratoires contribuent au renforcement des compétences loclaes :

L’Office de l’eau a pour mission l’étude des ressources en eau des milieux aquatiques et littoraux ainsi que leurs usages.

Le laboratoire des sciences de la Terre de l’Université de La Réunion (LSTUR) a pour axes de recherche la volcanologie et l’hydrogéologie.

Le BRGM travaille notamment dans les domaines de l’hydrogéologie, les risques naturels, les milieux contaminés/déchets.


Dispositifs incitatifs

* Mesure spécifique à la gestion des déchets :
Financement d’équipement spécifique et non roulant : exportation ou stabilisation (30%), traitement local (55%), valorisation (65%), réduction à la source (75%)

* Les aides à l’investissement productif : 
Principe de la TVAnon versée récupérable : 8,5% sur certains équipements productifs. Financement par montage en défiscalisation (forme de leasing équivalant à 30% de subvention nette).

* Les aides à l’exploitation :
 - Allègement des charges patronales jusqu’à 5 600 euros par an et par salarié ;
 - Prime à la création d’emploi pour les entreprises exportant plus de 20% de leur CA : 5 500 euros par an par emploi les trois premières années, et 3 500   euros par emploi par an en moyenne sur 10 ans ;
 - Prise en charge du fret export vers la métropole à la hauteur de 80%, avec un plafond de 15% de la valeur marchande des produits exportés.


Contact : Taïna TROCHON, chargée de mission

L’Agence de Développement de la Réunion est mandatée par les acteurs économiques locaux pour identifier des activités niches non exploitées et accompagner les projets nouveaux d’entreprises et de filières. Elle travaille à l’attractivité du territoire réunionnais et favorise la synergie entre entrepreneurs locaux et extérieurs. L’Agence de Développement vous accueille et vous accompagne dans toutes les étapes de votre implantation.
Contactez Taïna TROCHON au 02 62 92 24 92 ou par mail t.trochon@adreunion.com
Visitez notre site internet www.adreunion.com qui présente 500 pages d’informations économiques sur La Réunion et l’Océan Indien. L’annuaire des compétences réunionnaises en environnement est disponible sur ce site.
Avril 2008


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Environnement (362 Ko - 4 pages - Avril 2008)


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