L’énergie (avril 2008)

L'énergie (2,1 Mo - 4 pages)
Avec une population qui franchira la barre du million d’habitants vers 2030, La Réunion offre de grandes possibilités en matière de développement énergétique. La croissance démographique (+1,8% par an) génère une explosion de la consommation énergétique. Par ailleurs, pour atteindre l’autosuffisance, des efforts sont déployés pour consolider la filière des énergies renouvelables.


Un marché dynamique

Aujourd’hui, la production électrique provient pour 64% des énergies primaires fossiles (pétrole et charbon) et pour 36% des énergies renouvelables soit 855 GWh. Mettre en place un nouveau mode de gestion de l’énergie afin d’atteindre une autonomie énergétique est devenue une priorité pour l’île.

Filière émergente, l’énergie dispose d’une attention particulière de la Région Réunion, de l’Etat et d’EDF, notamment à travers un dispositif d’aides favorables aux entreprises. De 2000 à 2006, la production électrique a augmenté de 4,8% par an. En métropole, l’augmentation de la production électrique sur la même période a été d’environ 1% par an.


Depuis 2000, La Région détient la compétence pour gérer le développement des énergies renouvelables. Le PRERURE (Plan Régional des Energies Renouvelables et d’Utilisation Rationnelle de l’Energie) a été mis en place en 2003. Il traduit la volonté et l’engagement des collectivités pour atteindre l’autonomie dans la production électrique. Réduire les importations d’hydrocarbures et garantir un environnement sain à la génération future demeurent leurs grandes priorités.
Composée des principaux acteurs de l’énergie à La Réunion (professionnels, formateurs, chercheurs, institutions), l’association Témergie a pour objectif de favoriser l’émergence de projets innovants dans le domaine de l’énergie. Avec l’ambition de créer 15 000 emplois dans les 15 ans qui viennent, La Réunion devrait profiter de l’émergence du marché mondial de l’énergie.


Les filières

* Energie solaire    
Fortement ensoleillée avec une bonne répartition pendant toute l’année (5,7kWh/ m²/ jour), La Réunion possède de sérieux atouts.

Chauffe-eau solaire

La Réunion est en troisième position européenne pour la vente de chauffe-eau solaires par habitant. Fin 2006, 75 000 chauffe-eau solaires individuels sont
installés sur l’île. Ceci représente un peu plus de 300 000 m² de panneaux, soit l’équivalent d’une tranche de centrale thermique au charbon.

Pays
Luxembourg/Luxembourg
Allemagne/Germany
ILE DE LA RÉUNION 
Autriche/Austria 
Pays-Bas/Netherlands
Espagne/Spain
Chypre/Cyprus 
Italie/Italia
Finlande/Finland
Grèce/Greece
Suède/Sweden
Danemark/ Danemark
France métropolitaine 
Wc/Hab
51,37
37,16
4,5
3,51
3,14
2,70
1,27
0,99
0,77
0,60
0,54 
0,53
0,52 
Source : Baromètre photovoltaïque_ Eurobserver_ Avril 2007


Des fabriquants de Chauffe-eau solaires à La Réunion
Giordano est l’un des leaders français de l’eau chaude solaire. Avec 5 000 chauffe-eau solaires individuels vendus en 2007 (principalement à La Réunion), c’est une entreprise dynamique du secteur des énergies renouvelables. Depuis plus de 15 ans, le groupe Dijoux fabrique des Chauffe-eau solaires destinés au marché locale et à l’export, en apportant des solutions dans le collectif privé et socail, et l’individuel.

Photovoltaïque
Le marché est en plein développement. Au cours de l’année 2006, 2,09 MWc ont été installés, soit le tiers de la capacité totale installée en France (6,114 MWc). La puissance photovoltaïque installée en décembre 2006 (site isolé et raccordé au réseau) était de 4,5 Wc par habitant sur l’île. Une vitesse de croisière de 10 MWc devrait être atteinte en 2008. Fin 2006, le Président de la Région Réunion, Paul Vergès a inauguré la plus grande centrale photovoltaïque de France, sur un bâtiment industriel d’une capacité de 1000 kWc, située sur les toits du bâtiment de la SAPRIM (société d’approvisionnement de produits réunionnais importés) au Port. Avec plus de 6.000 panneaux répartis sur une surface de 10.000 mètres carrés et bénéficiant d’un ensoleillement annuel moyen de 1350 heures, elle produira 1.350 MWh par an. La Réunion s’intéresse aujourd’hui également à la fabrication de modules et cellules photovoltaïques.

L’exemple d’Orasol
Sur thème du rafraîchissement solaire, le LPBS de l’Université de La Réunion participe aux programmes de recherche nationaux et internationaux. C’est un préalable indispensable pour atteindre les objectifs de recherche. Le projet ORASOLpropose ainsi une réflexion à la fois fondamentale mais aussi très appliquée sur les procédés de rafraîchissement solaire. Il est basé sur la collaboration de huit partenaires scientifiques et industriels oeuvrant au sein de quatre pôles de travail permettant d’investiguer les techniques de rafraîchissement solaire les plus prometteuses.

Témoignage
"Nous pensons que l’île de la Réunion est aujourd’hui une zone de développement majeure du photovoltaïque français. Avec des tarifs d’achat EDF avantageux, des conditions climatiques très favorables, et bien sûr, un cadre plus qu’agréable. C’est pourquoi Soleos réalise aujourd’hui une grande partie de son activité sur l’île et compte bien continuer ainsi…" déclare Zouhaier Kefi, directeur de Soleos Solar France.

En Septembre 2005, M. Kefi a visité pour la première fois La Réunion. L’objectif était de nouer des relations solides de partenariat sur le marché photovoltaïque local. En 2008, la société planifie la livraison d’environ 20 MW de puissance d’onduleurs, dont 11,2 MW avec le principal partenaire de Soleos, le groupe DIJOUX.


* Energie éolienne

D’après une étude de La Région Réunion, 60% de la surface de l’île présente un potentiel éolien, exploitable avec plus de 300 watts/m² à 30 m de hauteur.
Les zones présentant un potentiel sont répertoriées dans le Schéma d’Aménagement Régional. Deux fermes éoliennes ont été implantées depuis 2005 à Sainte-Suzanne et à Sainte-Rose avec des puissances respectives de 4 et 6 MW.


* Energie hydroélectrique

En 2006, la puissance de pointe du réseau électrique était de 572 MW dont 121 MW consacré à l’hydraulique. C’est également l’électricité la moins chère du réseau avec deux principales centrales, l’une à Takamaka et l’autre à Sainte-Rose. 6 installations hydroélectriques étaient en service sur l’île au 31 décembre 2006. Actuellement, une étude micro hydraulique est en cours sur les possibilités de valoriser les cours d’eau et les conduites forcées.
L’hydroélectricité bénéficie d’avantages spécifiques :

Souplesse de fonctionnement

Ces machines autorisent des modulations et permettent un parfait ajustement aux variations de courbes de charges journalières.

Rapidité d’intervention
Les centrales hydrauliques ayant des capacités de démarrage presque instantanées sont aptes à répondre immédiatement aux appels de puissances exigés par les demandes subites des consommateurs.

Coût d’exploitation peu élevé

L’implantation d’une centrale hydraulique requiert des investissements lourds mais le combustible utilisé est gratuit.

Stockage de l’énergie

L’électricité ne se stocke pas mais les réserves d’eau constituent une énergie potentielle que l’on peut immédiatement transformer.

Energie locale et renouvelable
L’hydroélectricité est une énergie purement locale. Les centrales de l’île sont soit de type à haute chute comme à la Rivière de l’Est (turbine PELTON) soit de type à moyenne chute comme à Takamaka (Rivière des Marsouins) équipée de turbine FRANCIS.


* Biomasse
La bagasse, issue du broyage de la canne à sucre, est incinérée dans les centrales thermiques du Gol et de Bois Rouge. Elle représente 17% de la production d’énergie électrique de l’île. Selon la Région, le potentiel du biogaz de nos décharges représente une quinzaine de mégawatts sur 15 ans, très intéressants car utilisables en période de pointe. Au CETde Sainte-Suzanne, la Star (groupe SITA) s’est lancée la première en installant dès juillet 2006 deux turbines expérimentales de 30 kW chacune, avec à terme un objectif de 1,2 MW. La Civis (GRS Valtech) a décidé d’emboîter le pas sur le centre de valorisation des déchets de Pierrefonds. L’installation donnera son rendement maximum entre 2009 et 2016 et produira près de 5 MW, soit l’équivalent des besoins de 10 000 foyers.

Comme les ordures, les lisiers et les boues de station d’épuration peuvent servir à fabriquer du biogaz, donc des watts. Des études sont en cours. On estime déjà à 50 000 tonnes la quantité de lisiers chez les éleveurs de Grand-Ilet et des Hauts de Saint-Louis. Ils pourraient produire "au minimum 10 MW" selon l’ARER, destinés soit à alimenter des plates-formes biogaz, soit à assurer l’autonomie énergétique des fermes d’élevage (couplés au solaire).


* Géothermie

La Région Réunion et ses partenaires mènent actuellement des études pour valoriser la filière. En 2000 et en 2005, une première phase d’études et de reconnaissances a permis de définir une zone potentielle de réservoir géothermique sur le site de la plaine des Sables : le flanc sud-est du Piton Chisny, à
l’ouest du Piton de la Fournaise. L’existence d’un réservoir d’eau à 200 °C, entre 1 200 et 1 500 m de profondeur, est ainsi jugée probable. En février 2008 a commencé la mise en place d’un forage d’exploration du potentiel géothermique en vue d’y implanter une usine dont la capacité espérée serait entre 15 et 100 MW.


Formation et recherche

Compte tenu de la politique régionale, le secteur élargi de la maîtrise de l’énergie et des énergies renouvelables est un secteur porteur. Des emplois de services relatifs à ce secteur (études, maintenance, installation de système énergétiques) sont à prévoir à moyen terme. Grâce à son développement technologique, une main d’oeuvre formée et de qualité, La Réunion peut exporter son savoir-faire dans toute la zone Océan Indien.

Formation

Le secteur dispose de cinq formations dont quatre postBAC allant du BAC +2 à BAC +5 à La Réunion.

- Bac Pro énergétique (Lycée Professionnel St Louis)

- DUTGénie Civil Energétique (IUTSaint-Pierre )

- BTS Fluides, Energies, Environnements (Lycée de Bois d’Olive)

- Licence Professionnelle en Génie Civil et Construction option Habitat, Energie et Environnement (IUTSaint- Pierre)

- DESS Mécanique et énergétique(co-habilité avec l’INP de Nancy et l’Université de la Réunion)

Recherche

- L’IUT de Saint-Pierre développe des travaux de recherches autour de la maîtrise d’énergie et des énergies renouvelables en partenariat avec l’ARER.

- LeLPBS(Laboratoire de Physique du Bâtiment et des Systèmes.

- LeLE2P(Laboratoire d’Energétique, d’Electronique et Procédés) dont les débouchés principaux concernent les emplois de cadre dans les bureaux d’études, laboratoires de R&D, les centres de production. Ils visent les secteurs industriels mettant en oeuvre des systèmes innovants sur l’utilisation de nouvelles formes d’énergie dite de substitution.

Vers de nouvelles filières

Un comité de pilotage de l’ARER (Agence Régionale de l’Energie de La Réunion) avec des étudiants chercheurs procèdent à l’étude des énergies des vagues en évaluant les sites potentiels. Une deuxième équipe étudie la filière hydrogène comme solution propre d’électrification. Deux applications étudiées comme : l’électrification rurale avec piles à combustibles à Mafate et la production d’électricité et d’oxygène à l’hôpital de Saint-Pierre.


Dispositifs incitatifs

Le programme régional (Europe, ADEME, EDF, Région) soutient et valorise le potentiel local des ENR par un dispositif d’aides et de mesures incitatives pour l’émergence de la filière :

Les aides à l’investissement

- 45 à 55% de l’investissement productif : mise en place d’équipements de production électrique à base d’énergies renouvelables.

- Principe de la TVAnon versée récupérable : 8,5% sur certains équipements productifs (sous réserve).

- Financement par montage en défiscalisation (forme de leasing équivalant à 30% de subvention nette).

Les aides à l’exploitation
Une réduction du coût du travail à travers deux mesures cumulables :

- Allègement de charges patronales jusqu’à 5 600 euros par an et par salarié.

- Prime à la création d’emploi pour les entreprises réalisant plus de 20% de leur CAà l’export à hauteur de 5 500 euros par an par emploi les trois premières
années et 3 500 euros par an en moyenne sur 10 ans.

- Prise en charge du fret export vers la métropole à hauteur de 80% pour le transport maritime, 25% pour le transport aérien, avec un plafond de 152 000 euros par an et par entreprise.


Contact :
Taïna TROCHON, Chargé de mission

L’Agence de Développement de La Réunion est mandatée par les acteurs économiques locaux pour identifier des activités niches non exploitées et accompagner les projets nouveaux d’entreprises et de filières. Elle travaille à l’attractivité du territoire réunionnais et favorise la synergie entre entrepreneurs locaux et extérieurs. L’Agence de Développement vous accueille et vous accompagne dans toutes les étapes de votre implantation.
Contactez Taïna TROCHON au 02 62 92 24 92 ou par mail t.trochon@adreunion.com
Visitez notre site internet www.adreunion.com qui présente 500 pages d’informations économiques sur La Réunion et l’Océan Indien.
Avril 2008


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