Avec
une population qui franchira la barre du million d’habitants
vers 2030, La Réunion offre de grandes
possibilités en matière de
développement énergétique. La
croissance démographique (+1,8% par an)
génère une explosion de la consommation
énergétique. Par ailleurs, pour atteindre
l’autosuffisance, des efforts sont
déployés pour consolider la filière
des énergies renouvelables.
Un
marché dynamique
Aujourd’hui, la production électrique provient pour 64% des
énergies primaires fossiles (pétrole et charbon)
et pour 36% des énergies renouvelables soit 855 GWh. Mettre
en place un nouveau mode de gestion de l’énergie afin
d’atteindre une autonomie énergétique est devenue
une priorité pour l’île.
Filière émergente, l’énergie dispose
d’une attention particulière de la Région
Réunion, de l’Etat et d’EDF, notamment à travers
un dispositif d’aides favorables aux entreprises. De 2000 à
2006, la production électrique a augmenté de 4,8%
par an. En métropole, l’augmentation de la production
électrique sur la même période a
été d’environ 1% par an.
Depuis 2000, La Région détient la
compétence pour gérer le développement
des énergies renouvelables. Le PRERURE (Plan
Régional des Energies Renouvelables et d’Utilisation
Rationnelle de l’Energie) a été mis en place en
2003. Il traduit la volonté et l’engagement des
collectivités pour atteindre l’autonomie dans la
production électrique. Réduire les importations
d’hydrocarbures et garantir un environnement sain à la
génération future demeurent leurs grandes
priorités.
Composée des principaux acteurs de l’énergie
à La Réunion (professionnels, formateurs,
chercheurs, institutions), l’association Témergie a pour
objectif de favoriser l’émergence de projets innovants dans
le domaine de l’énergie. Avec l’ambition de créer
15 000 emplois dans les 15 ans qui viennent, La Réunion
devrait profiter de l’émergence du marché mondial
de l’énergie.
Les
filières
*
Energie solaire
Fortement ensoleillée avec une bonne répartition
pendant toute l’année (5,7kWh/ m²/ jour), La
Réunion possède de sérieux atouts.
Chauffe-eau solaire
La Réunion est en troisième position
européenne pour la vente de chauffe-eau solaires par
habitant. Fin 2006, 75 000 chauffe-eau solaires individuels sont
installés sur l’île. Ceci représente un
peu plus de 300 000 m² de panneaux, soit
l’équivalent d’une tranche de centrale
thermique au charbon.
Pays
Luxembourg/Luxembourg
Allemagne/Germany
ILE DE LA RÉUNION
Autriche/Austria
Pays-Bas/Netherlands
Espagne/Spain
Chypre/Cyprus
Italie/Italia
Finlande/Finland
Grèce/Greece
Suède/Sweden
Danemark/ Danemark
France métropolitaine |
Wc/Hab
51,37
37,16
4,5
3,51
3,14
2,70
1,27
0,99
0,77
0,60
0,54
0,53
0,52 |
Source : Baromètre photovoltaïque_ Eurobserver_
Avril 2007
Des fabriquants
de Chauffe-eau solaires à La Réunion
Giordano est l’un des leaders français de
l’eau chaude solaire. Avec 5 000 chauffe-eau solaires
individuels vendus en 2007 (principalement à La
Réunion), c’est une entreprise dynamique du
secteur des énergies renouvelables. Depuis plus de 15 ans,
le groupe Dijoux fabrique des Chauffe-eau solaires destinés
au marché locale et à l’export, en
apportant des solutions dans le collectif privé et socail,
et l’individuel.
Photovoltaïque
Le marché est en plein développement. Au cours de
l’année 2006, 2,09 MWc ont été
installés, soit le tiers de la capacité totale
installée en France (6,114 MWc). La puissance
photovoltaïque installée en décembre
2006 (site isolé et raccordé au
réseau) était de 4,5 Wc par habitant sur
l’île. Une vitesse de croisière de 10 MWc devrait
être atteinte en 2008. Fin 2006, le Président de
la Région Réunion, Paul Vergès a
inauguré la plus grande centrale photovoltaïque de
France, sur un bâtiment industriel d’une capacité
de 1000 kWc, située sur les toits du bâtiment de
la SAPRIM (société d’approvisionnement de
produits réunionnais importés) au Port. Avec plus
de 6.000 panneaux répartis sur une surface de 10.000
mètres carrés et
bénéficiant d’un ensoleillement annuel moyen de
1350 heures, elle produira 1.350 MWh par an. La Réunion
s’intéresse aujourd’hui
également à la fabrication de modules et cellules
photovoltaïques.
L’exemple d’Orasol
Sur thème du rafraîchissement solaire, le LPBS de
l’Université de La Réunion participe aux
programmes de recherche nationaux et internationaux. C’est un
préalable indispensable pour atteindre les objectifs de
recherche. Le projet ORASOLpropose ainsi une réflexion
à la fois fondamentale mais aussi très
appliquée sur les procédés de
rafraîchissement solaire. Il est basé sur la
collaboration de huit partenaires scientifiques et industriels oeuvrant
au sein de quatre pôles de travail permettant d’investiguer
les techniques de rafraîchissement solaire les plus
prometteuses.
Témoignage
"
Nous pensons que
l’île de la Réunion est aujourd’hui une zone de
développement majeure du photovoltaïque
français. Avec des tarifs d’achat EDF avantageux, des
conditions climatiques très favorables, et bien
sûr, un cadre plus qu’agréable. C’est pourquoi
Soleos réalise aujourd’hui une grande partie de son
activité sur l’île et compte bien continuer
ainsi…" déclare Zouhaier Kefi,
directeur de Soleos Solar France.
En Septembre 2005, M. Kefi a visité pour la
première fois La Réunion. L’objectif
était de nouer des relations solides de partenariat sur le
marché photovoltaïque local. En 2008, la
société planifie la livraison d’environ 20 MW de
puissance d’onduleurs, dont 11,2 MW avec le principal partenaire de
Soleos, le groupe DIJOUX.
* Energie éolienne
D’après une étude de La Région
Réunion, 60% de la surface de l’île
présente un potentiel éolien, exploitable avec
plus de 300 watts/m² à 30 m de hauteur.
Les zones présentant un potentiel sont
répertoriées dans le Schéma
d’Aménagement Régional. Deux fermes
éoliennes ont été
implantées depuis 2005 à Sainte-Suzanne et
à Sainte-Rose avec des puissances respectives de 4 et 6 MW.
*
Energie hydroélectrique
En 2006, la puissance de pointe du réseau
électrique était de 572 MW dont 121 MW
consacré à l’hydraulique. C’est
également l’électricité la moins
chère du réseau avec deux principales centrales,
l’une à Takamaka et l’autre à Sainte-Rose. 6
installations hydroélectriques étaient en service
sur l’île au 31 décembre 2006. Actuellement, une
étude micro hydraulique est en cours sur les
possibilités de valoriser les cours d’eau et les conduites
forcées.
L’hydroélectricité
bénéficie d’avantages spécifiques :
Souplesse de fonctionnement
Ces machines autorisent des modulations et permettent un parfait
ajustement aux variations de courbes de charges
journalières.
Rapidité d’intervention Les centrales
hydrauliques ayant des capacités de démarrage
presque instantanées sont aptes à
répondre immédiatement aux appels de puissances
exigés par les demandes subites des consommateurs.
Coût d’exploitation peu élevé
L’implantation d’une centrale hydraulique requiert des investissements
lourds mais le combustible utilisé est gratuit.
Stockage de l’énergie
L’électricité ne se stocke pas mais les
réserves d’eau constituent une énergie
potentielle que l’on peut immédiatement transformer.
Energie locale et
renouvelable
L’hydroélectricité est une énergie
purement locale. Les centrales de l’île sont soit de type
à haute chute comme à la Rivière de
l’Est (turbine PELTON) soit de type à moyenne
chute comme à Takamaka (Rivière des Marsouins)
équipée de turbine FRANCIS.
*
Biomasse
La bagasse, issue du broyage de la canne à sucre, est
incinérée dans les centrales thermiques du Gol et
de Bois Rouge. Elle représente 17% de la production
d’énergie électrique de l’île. Selon la
Région, le potentiel du biogaz de nos décharges
représente une quinzaine de mégawatts sur 15 ans,
très intéressants car utilisables en
période de pointe. Au CETde Sainte-Suzanne, la Star (groupe
SITA) s’est lancée la première en installant
dès juillet 2006 deux turbines expérimentales de
30 kW chacune, avec à terme un objectif de 1,2 MW. La Civis
(GRS Valtech) a décidé d’emboîter le
pas sur le centre de valorisation des déchets de
Pierrefonds. L’installation donnera son rendement maximum entre 2009 et
2016 et produira près de 5 MW, soit l’équivalent
des besoins de 10 000 foyers.
Comme les ordures, les lisiers et les boues de station
d’épuration peuvent servir à fabriquer du biogaz,
donc des watts. Des études sont en cours. On estime
déjà à 50 000 tonnes la
quantité de lisiers chez les éleveurs de
Grand-Ilet et des Hauts de Saint-Louis. Ils pourraient produire "au
minimum 10 MW" selon l’ARER, destinés soit à
alimenter des plates-formes biogaz, soit à assurer
l’autonomie énergétique des fermes
d’élevage (couplés au solaire).
*
Géothermie
La Région Réunion et ses partenaires
mènent actuellement des études pour valoriser la
filière. En 2000 et en 2005, une première phase
d’études et de reconnaissances a permis de
définir une zone potentielle de réservoir
géothermique sur le site de la plaine des Sables : le flanc
sud-est du Piton Chisny, à
l’ouest du Piton de la Fournaise. L’existence d’un réservoir
d’eau à 200 °C, entre 1 200 et 1 500 m de
profondeur, est ainsi jugée probable. En février
2008 a commencé la mise en place d’un forage d’exploration
du potentiel géothermique en vue d’y implanter une usine
dont la capacité espérée serait entre
15 et 100 MW.
Formation
et recherche
Compte tenu de la politique régionale, le secteur
élargi de la maîtrise de l’énergie et
des énergies renouvelables est un secteur porteur.
Des emplois de services relatifs à ce secteur
(études, maintenance, installation de système
énergétiques) sont à
prévoir à moyen terme. Grâce
à son développement technologique, une main
d’oeuvre formée et de qualité, La
Réunion peut exporter son savoir-faire dans toute la zone
Océan Indien.
Formation
Le secteur dispose de cinq formations dont quatre postBAC allant du BAC
+2 à BAC +5 à La Réunion.

Bac Pro énergétique (Lycée
Professionnel St Louis)

DUTGénie Civil Energétique (IUTSaint-Pierre )

BTS Fluides, Energies, Environnements (Lycée de Bois
d’Olive)

Licence Professionnelle en Génie Civil et Construction
option Habitat, Energie et Environnement (IUTSaint- Pierre)

DESS Mécanique et
énergétique(co-habilité avec
l’INP de Nancy et l’Université de la
Réunion)
Recherche

L’IUT de Saint-Pierre développe des travaux de
recherches autour de la maîtrise
d’énergie et des énergies renouvelables
en partenariat avec l’ARER.

LeLPBS(Laboratoire de Physique du Bâtiment et des
Systèmes.

LeLE2P(Laboratoire d’Energétique, d’Electronique et
Procédés) dont les
débouchés principaux concernent les emplois de
cadre dans les bureaux d’études, laboratoires de
R&D, les centres de production. Ils visent les secteurs
industriels mettant en oeuvre des systèmes innovants sur
l’utilisation de nouvelles formes
d’énergie dite de substitution.
Vers
de nouvelles filières
Un comité de pilotage de l’ARER (Agence Régionale
de l’Energie de La Réunion) avec des étudiants
chercheurs procèdent à l’étude des
énergies des vagues en évaluant les sites
potentiels. Une deuxième équipe étudie
la filière hydrogène comme solution propre
d’électrification. Deux applications
étudiées comme : l’électrification
rurale avec piles à combustibles à Mafate et la
production d’électricité et d’oxygène
à l’hôpital de Saint-Pierre.
Dispositifs
incitatifs
Le programme régional (Europe, ADEME, EDF,
Région) soutient et valorise le potentiel local des ENR par
un dispositif d’aides et de mesures incitatives pour
l’émergence de la filière :
Les
aides à l’investissement

45 à 55% de l’investissement productif : mise en place
d’équipements de production électrique
à base d’énergies renouvelables.

Principe de la TVAnon versée
récupérable : 8,5% sur certains
équipements productifs (sous réserve).

Financement par montage en défiscalisation (forme de
leasing équivalant à 30% de subvention nette).
Les
aides à l’exploitation
Une réduction du coût du travail à
travers deux mesures cumulables :

Allègement de charges patronales jusqu’à 5 600
euros par an et par salarié.

Prime à la création d’emploi pour les
entreprises réalisant plus de 20% de leur CAà
l’export à hauteur de 5 500 euros par an par emploi les
trois premières
années et 3 500 euros par an en moyenne sur 10 ans.

Prise en charge du fret export vers la métropole
à hauteur de 80% pour le transport maritime, 25% pour le
transport aérien, avec un plafond de 152 000 euros par an et
par entreprise.
Contact :
Taïna TROCHON, Chargé de mission
L’Agence de Développement de La Réunion
est mandatée par les acteurs économiques locaux
pour identifier des activités niches non
exploitées et accompagner les projets nouveaux
d’entreprises et de filières. Elle travaille
à l’attractivité du territoire
réunionnais et favorise la synergie entre entrepreneurs
locaux et extérieurs. L’Agence de
Développement vous accueille et vous accompagne dans toutes
les étapes de votre implantation.
Contactez
Taïna
TROCHON au 02 62 92 24 92 ou par mail
t.trochon@adreunion.com
Visitez notre site internet www.adreunion.com qui présente
500 pages d’informations économiques sur La
Réunion et l’Océan Indien.
Avril 2008